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Quel équipement choisir pour enregistrer les sons de la nature ?
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« Si une image vaut un millier de mots,
un son vaut un millier d’images… »
R. Murray Schafer
Nombreux sont les promeneurs qui se transforment en photographes amateurs au cours de leurs ballades. Mais combien d’entre nous pensent à capturer les sons qu’ils rencontrent ? Le son est pourtant un medium aussi précieux que l’image lorsqu’il s’agit de conserver des souvenirs ou de partager des expériences.
Tout comme la pratique de la photo développe le sens de l’observation, celle de l’enregistrement sonore rend plus attentif aux paysages sonores dans lesquels nous évoluons. Elle apporte aussi énormément de plaisir.
Un équipement de plus en plus abordable…
L’équipement de campagne du preneur de son amateur s’est transformé au fil du temps d’une manière très semblable à celui du photographe amateur. La bande magnétique analogique – vous souvenez-vous de la minicassette des années 60-70 ? – a cédé la place à la bande magnétique numérique, la Digital Audio Tape, au cours des années 80. En 1992, le MiniDisc a débuté une décennie de succès, avant de disparaître brutalement du marché, écarté par une première génération d’enregistreurs numériques utilisant les mêmes cartes mémoires – cartes Secure Digital ou CompactFlash – qui sont utilisées en photographie numérique.
L'aspect le plus intéressant de cette progression, pour le chasseur de son, est l'évolution très positive du rapport qualité/prix…
Alors par où commencer ?
Avant toute chose, prenez le temps d'évaluer votre motivation pour l'enregistrement des sons de la nature. Car, comme la photographie, l'enregistrement sonore nécessite, d'une part, un minimum d'équipement et, d'autre part, un apprentissage qui implique un autre investissement, en temps celui-là...
Il est toujours préférable de chercher, dans votre entourage, quelqu'un qui accepte de vous prêter un équipement de base, le temps de faire quelques enregistrements. Cela vous donne un petit temps de pratique et de réflexion, après quoi il sera toujours assez tôt pour investir. Bien sûr, tout le monde n'a pas un voisin chasseur de son. Mais qui n'a pas un parent ou un ami qui possède un enregistreur MiniDisc et un micro ?
Si vous vous sentez suffisamment motivé, vous êtes sans doute prêt pour un premier investissement. Bien sûr, il est toujours possible d'utiliser un enregistreur plus ancien -- un enregistreur à minicassettes par exemple. Mais vous devrez alors accepter les limites de cette technologie : moins bonne qualité sonore, préamplificateur médiocre, accès moins rapide aux enregistrements...
Le MiniDisc : toujours un bon choix pour le débutant, mais... sans doute plus pour longtemps !
Si cette technologie est aujourd'hui en voie de disparition, un enregistreur MiniDisc reste un très bon choix pour le chasseur de son débutant ou occasionnel. Les modèles neufs se font rares -- Sony n’offre plus qu’un seul modèle en ce début 2009 -- mais on en trouve en seconde main sur des sites tels que eBay, souvent pour moins de 50€. Je possède plusieurs vieux Sony MZ-R50 -- un modèle introduit en 1997 ! -- achetés pour quelques dizaines d’euros, qui sont encore de très bons petits enregistreurs.
Attention : la gamme des enregistreurs MiniDisc est énorme et il peut être utile d'explorer se documenter sur le Web avant d'acheter. Le premier point à vérifier étant l’existence d'une prise pour micro extérieur ! Evident ? Pas vraiment, car tous les modèles ne disposent pas d'une telle prise. Certains modèles sont destinés à écouter de la musique enregistrée à partir d'un PC, et n’ont aucune entrée micro ! Le site Minidisc.org est un excellent site de référence, qui offre les caractéristiques techniques de presque tous les modèles existant, mais aussi des appréciations et même certains manuels complets au format pdf. Il n'est plus mis à jour, mais il est encore en ligne...
Un autre détail à considérer : les MiniDiscs se font de plus en plus rares dans les magasins... On en trouve encore, mais sans doute plus pour très longtemps. Heureusement, il est toujours possible de trouver des disques d'occasion (en brocante ou sur eBay, par exemple), qui peuvent être effacés et réutilisés. De plus, une fois que son contenu a été transféré sur un PC, un disque peut à nouveau être effacé et réutilisé...
Enfin, il faut ajouter que les perfectionnistes ont toujours dénigré le MiniDisc car cette technologie passe par une compression du son (ATRAC). Le son enregistré sur MiniDisc est donc inévitablement modifié au cours de la compression/décompression. Mais cette perte de qualité est tellement faible qu'elle n'est pas perceptible à l'oreille. Seuls certains scientifiques pourraient la mettre en cause pour certaines applications. Du reste, certains des derniers modèles d'enregistreurs produits offraient également un mode d'enregistrement sans aucune compression...
Le MiniDisc est l'une de ces technologies dont le développement aurait sans doute pu se poursuivre bien plus longtemps, si un petit nombre de fabriquants avaient décidé de la soutenir en dépit de la montée des enregistreurs numériques...
Les enregistreurs numériques
La gamme des enregistreurs numériques accessibles aux amateurs ne cesse de s’étoffer. Sony, Fostex, Marantz, Edirol, Tascam, Olympus, Nagra, Zoom et d'autres fabricants offrent chacun plusieurs modèles, dont les prix et les caractéristiques varient très largement. On en trouve à 250€, tandis que d’autres coûtent plus de 1000€… Au-delà, on entre dans la gamme professionnelle, avec des équipements largement plus onéreux. Mais ce type d’équipements n’est pas destiné à l'amateur…
Les enregistreurs numériques offrent tous certains avantages par rapport aux technologies précédentes. Notons, entre autres :
- l'absence de toute mécanique puisqu’il n’y plus ni bande ni disque,
- la possibilité d’enregistrer dans un format non compressé (PCM) qui préserve davantage la qualité du son,
- le transfert des fichiers vers un ordinateur par simple "click-and-drag"…
Mais d’autres caractéristiques également très importantes, peuvent varier très fortement :
- la présence de micros incorporés,
- le type de connecteurs pour les micros externes (les micros de haut de gamme étant souvent munis de connecteurs XLR et exigeant une tension d’alimentation),
- les modes d’enregistrement disponibles (PCM, BWF, MP2, MP3, etc),
- la résolution maximale d’enregistrement (fréquence et échantillonnage),
- le type et la capacité des cartes mémoires utilisables,
- le type d’alimentation (piles standard ou accus spécifiques),
- la qualité du préampli (l'une des caractéristiques à examiner de très près, car les sons de la nature sont généralement de faible intensité, et un équipement qui superpose un bruit perceptible au niveau de l'amplification ne convient donc pas pour ce type d'enregistrements),
- etc.
Il est donc nécessaire de bien comparer les modèles et les prix avant d’investir dans l’achat d’un enregistreur numérique.
Des fiches techniques détaillées de la plupart des modèles actuellement en vente sont disponibles sur Solid State Sound. Le site Wingfield Audio offre un tableau de comparaison de ces caractéristiques essentielles (en anglais).
Un modèle qui a l'une des meilleures relations qualité/prix en ce moment est le Fostex FR-2LE. C'est aussi, d'après de nombreux rapports d'utilisateurs, l'un des modèles les plus "silencieux" au niveau du préamplificateur, ce qui le place en haut de la liste des modèles susceptibles d'intéresser les chasseurs de son.
Compact et léger, il offre des entrées micros professionnelles (XLR), un système de menus très facile d'utilisation, et une sortie USB qui permet un transfer très rapide des fichiers enregistrés vers un PC. Il permet d'enregistrer à une fréquence et avec un échantillonnage nettement supérieurs à ceux d'un CD (98kHz/24bits contre 44kHz/16bitspour le CD).
Beaucoup de mes enregistrements des prochains mois passeront sans doute par ce nouvel équipement...
Choisir un microphone
Il vous faudra aussi un microphone. Et le choix du micro est certainement aussi important que celui de l'enregistreur ! Il vous faudra un microphone à condensateur, et non pas un microphone dynamique. Pour un plus grand plaisir à l'écoute de vos enregistrements, je vous conseille d'opter pour un micro stéréo. J'ai acheté, il y a quelques années, un petit microphone stéréo Sony ECM-ZS90, destiné à l'enregistrement de conférences. Il m’a donné des résultats très acceptables. A moins de 100 euros, le ECM-MS907 de Sony permet déjà de très bons enregistrements. Mais pour 250 euros, vous pourrez vous procurer un Sony ECM-MS957 neuf, aux performances bien supérieures... Plusieurs critères doivent être pris en compte pour choisir un micro, entre autres la directivité, la sensibilité et le bruit inhérent. L'un des meilleurs articles en ligne que j'aie trouvé sur les microphones est sur Audiofanzine.
Et pour compléter votre équipement...
Votre enregistreur d'occasion et votre microphone stéréo en mains, vous aurez probablement investi entre 200 et 1000 euros. Une somme qui n'est peut-être pas excessive, mais qui est suffisamment importante pour vous stimuler à bien rentabiliser votre investissement...
Des écouteurs élémentaires accompagnent généralement les enregistreurs portables. Ils seront sans doute suffisants pour vos premiers enregistrements. Vous pourrez toujours considérer un autre modèle par la suite...
Il ne vous manquera plus qu'une protection contre le vent pour votre microphone. Attention : cette protection est essentielle ! Sans elle, vos enregistrements réalisés à l'extérieur seront presque toujours marqués par cet horrible bruit de frottement dû au contact direct entre le vent et le micro.
Certains micros sont livrés avec une protection en mousse prévue pour une utilisation dans des conditions de vent calme à modéré. Mais ce n'est pas toujours le cas. Pour mon micro ECM-ZS90, j'ai confectionné une suspension fixée à une poignée en bois. Le micro y est suspendu au centre de deux cercles de plastic, tenu par de solides élastiques. Un morceau de grillage enroulé autour du micro est lui-même recouvert d'une fourrure -- artificielle, bien sûr ! L'ensemble atténue bien le bruit des manipulations, et peut faire face à une brise légère...
Et voilà qui complète un équipement relativement peu coûteux...
Ayant investi lourdement dans leur achat, il y quatre ou cinq ans, j'utilise encore beaucoup mes enregistreurs MiniDisc Portadisc fabriqués par HHB et, grâce à un stock important de MiniDiscs vierges, j'espère pouvoir les utiliser quelques années encore.
Mon micro habituel est un microphone parabolique stéréo Telinga fabriqué sur commande en Suède. Mais je dispose aussi de micros Sennheiser, de la gamme MKH, particulièrement adaptés à l'enregistrement des sons de la nature de par leur faible bruit inhérent (MKH-30 et MKH-50). La combinaison de ces 2 micros permet de réaliser deux enregistrements distincts qui sont ensuite mixés sur PC pour produire un excellent son stéréo.
Je les protège avec un système de suspension et de protection contre le vent de marque Rycote...
La différence de coût entre cet équipement et celui décrit plus haut est comparable à la différence entre de coût de la paire de jumelles du débutant et de la lunette Swarosky ou Zeiss de l'utilisateur plus expérimenté... L'encombrement est aussi plus important.
Et voilà... Il reste encore à trouver l'emplacement idéal pour attendre votre Chouette, et à patienter. Car, contrairement à ce qui se passe avec un groupe de musiciens, avec une Chouette, vous pouvez rarement prévoir quand, exactement, le concert commencera ;-) Il m’est arrivé de passer plus de 30 minutes à 4 ou 5 mètres d'un Rouge-gorge qui n'a pas émis un seul son convenable !
Sur le terrain, l'une des différences essentielles entre la photo et la prise de son est que vous ne devez pas nécessairement être très près de la source -- l'oiseau -- que vous voulez enregistrer. La prise de son est donc généralement moins "dérangeante" que la photographie. Il m'arrive parfois d'enregistrer un oiseau sans même l'avoir aperçu !
Par contre, la prise de son est sans doute moins que l'observation ou la photographie une activité de groupe. Pour le chasseur de sons, 2 est un groupe, 3 une foule ! Simplement parce qu'il devient alors difficile de contrôler parfaitement les sons dérangeants : un simple froissement de vêtement, au mauvais moment, peut faire rater la prise de son de la journée ! Mais cela, ce n'est vrai que si vous voulez vous rapprocher de la "pureté" sonore...
Et après ?
Comme pour la photographie numérique ou pour la vidéo, une part importante du travail final se fera devant un PC, avec un logiciel d'édition du son. C'est une activité qui demande du temps, mais qui est passionnante : ajustement de l'amplification, utilisation de filtres pour atténuer le bruit d'un véhicule ou pour faire ressortir un chant particulier, montage, etc. De nombreux logiciels existent, du plus simple -- et gratuit -- au logiciel "pro" très coûteux... J'utilise Audition, un programme racheté il y a quelques années par Adobe. Il se trouve en milieu de gamme, et il est très bien adapté aux exigences d'un chasseur de sons de la nature.
Quant au résultat de votre travail, vous pourrez l'écouter à volonté, le partager avec vos amis, ou le mettre en ligne sur le Web pour en faire profiter un plus grand nombre d'amateurs des sons de la nature... Peut-être même voudrez-vous en faire quelques CD que vous enverrez ensuite à vos amis avec vos bons voeux de Nouvel An... Vous pourriez aussi collaborer à enrichir la sonothèque sur SoundsNatural.be !
Voilà donc quelques idées pour démarrer...
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